22 août 1944 : quelques Mollanais au maquis *

En cette année 2024, quatre-vingtième anniversaire du Débarquement et de la Libération, nous souhaitions nous souvenir des Mollanais qui participèrent aux maquis et en particulier de leur action du 22 août 1944, quelque part entre Sault et Méthamis. C’est cette journée, qui a marqué à jamais leur mémoire, que je souhaite rappeler.

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Jean Nanton
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Robert Jacquet

En ce début d’année 1944, une poignée de jeunes Mollanais, réfractaires au STO, ont rejoint le maquis Ventoux dans la 2e compagnie du 1er régiment de Vaucluse, contactés par Albert Pantaly. Quelques autres rejoignaient un maquis F.T.P (Ramon Vilalta) ou le maquis Vasio (Raoul Montaud, Jean Cahen, Léopold Walter et Jean Tramontin).
Ils vont passer quelques mois de ferme en ferme, tout d’abord à Vercoiran puis à Autane. Début août, ils stationnent dans les environs de Sault, sur la route de Saint-Jean. Après le débarquement en Provence, le 15 août, les maquis vont perturber les mouvements et le reflux des troupes allemandes.
C’est ainsi que le 22 août, Jean Alea, Jean Nanton, Robert Jacquet, Pierre Charras, Jean et Pierre Veyrier, Gilbert Mouton, Henri Meffre, Meyer, les frères Monge et une dizaine d’autres dont les noms ont déserté la mémoire de nos anciens, se retrouvent au bord de la route de Sault à Méthamis en position d’embuscade. Les livres d’histoire n’ont retenu que l’engagement d’un groupe d’aviateurs à l’entrée de Sault. Nos Mollanais, en première ligne, venaient juste de rompre le combat, après une violente échauffourée face à une colonne allemande composée de deux chars Tigre et d’une trentaine de véhicules. Il est juste, en ce 80e anniversaire de la Libération de la France, de rappeler cet événement oublié.
C’est le témoignage de Jean Nanton et Robert Jacquet, enregistré en 1999, ainsi que celui de Jean Alea, enregistré en août 2004, que nous avons retranscrits. Nous les avons mêlés fictivement comme si les trois compères s’étaient retrouvés, un jour, autour d’un verre, pour nous raconter.

Au bord de la route…

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J. ALEA (J. A.) : La veille, j’étais avec Giraud. On était restés là deux, trois jours. On avait coupé des buis, on en avait fait une paillasse et mis une couverture dessus, puis on couchait là. La veille, Giraud – c’était un type qui fumait un peu – d’une cigarette il allumait l’autre… J’étais juste après le virage, derrière mon petit mur. Il y en avait (des membres du groupe, NDLR) à la cime de la montagne ; il y avait Meyer et les deux frères Monge, qui étaient de Sainte-Jalle. Jean Nanton, il était un peu après moi. On était trois groupes de grenadiers. Dans le virage il y avait Begou avec le fusil-mitrailleur et Masson.
J. NANTON (J. N.) : Moi on m’avait mis, pour remplacer Jojo qui était malade, caporal-chef grenadier au bord de la route. J’étais pas charmé, mais enfin… Juste au bord de la route. Alors il passe deux types de la Résistance, habillés en résistants et les papiers en règle et un papier signé du père Beyne. C’est pas trop régulier ce que vous avez là. Oh ! Mais il m’a dit : si, c’est régulier. C’était signé du colonel Beyne. Alors j’ai appelé l’adjudant. L’adjudant, il m’a engueulé. Il m’a dit : alors tu sais pas lire.
Les autres, ils étaient contents ; …et lui les a laissés passer. Et que, guère après, il est arrivé René, le lieutenant René, avec son chauffeur, le fils Beyne, en moto, et qu’on lui a dit ça. Oh ! Nom de Dieu ! Il a dit. Je vais les rattraper. Oh ! Tè !
JFC : Vous pensez que c’est eux qui…
J. N. : Qui nous ont vendus. Ils allaient à la rencontre des Allemands.
R. JACQUET (R.J.). : Ils partaient en direction de Méthamis. 
J. A. : On en avait laissé descendre quatre ou cinq en vélo. Ils étaient tous en règle, bien entendu.
J. N. : Alors qu’on devait laisser monter personne… On devait laisser descendre des gens, mais monter personne.

Ils arrivent !

Jean Alea Au Cours D'un Entretien Chez Lui Le 18 Août 2004
Jean Aléa

J. A. : On était monté à la ferme pour se raser – ça devait faire trois ou quatre jours qu’on ne s’était pas rasés – C’est à 11 heures, 11 heures et demie qu’ils sont arrivés. Il y avait Jauffrey qui était en haut, et c’est Jauffrey qui nous a dit : ils montent ! Il en arrive ! Il a compté 40 véhicules. Il a dit : y en a encore derrière !

R. J. : On a vu arriver le convoi en haut, à la ferme de Saint-Hubert… Oh ! Oui. On a bien vu d’abord : c’était sûr qu’ils étaient prévenus parce qu’ils se sont arrêtés en haut du col et une auto-mitrailleuse s’est mise en batterie, là-haut, et un moment après le convoi est parti à la descente. Mais en même temps toute une équipe à pied a pris la crête et venait pour nous prendre par-derrière. C’est là qu’on a commencé à les laisser avancer. Ils ont commis une erreur tactique en laissant descendre le convoi par la route avant que la colonne à pied ne soit arrivée à notre hauteur. Tout de suite Pantaly m’a demandé de prévenir tout le monde de dégager, mais les Allemands arrivaient déjà en face.
J. A. : Entre les arbres je vois arriver « un affaire » plein de branches, et des bonshommes dessus. J’ai dit : celui-là de camion il va en faire un de soleil ! Parce qu’on avait des Gammon. Je dégoupille ma grenade, et quand il a été en face j’ai vu le canon. Oh ! c’est pas un camion ! Il était à peut-être vingt mètres. Je balance ma grenade et je me baisse derrière mon petit mur. Et en étant baissé je dégoupille la deuxième. Et allez, la deuxième ! Quand je me suis relevé il n’y avait ni branche ni bonhomme dessus. Et j’ai rien vu sur la route. Ces Gammon ça secoue. Et après, bien entendu, j’avais fait ce que je devais faire : j’ai filé. Mais les Allemands, ceux du deuxième char, ils sont venus. Quand ils m’ont vu partir, avec leur mitraillette… brrrrrr. Il y en avait sept ou huit : ils m’ont manqué ! Je faisais un peu comme les lapins. Je suis parti en montant. Et quand je suis arrivé presque à la cime…
J. N. : Au bout d’un moment on a entendu un bruit de moteur et un grincement de chenille. Quand il a sorti du virage avec toutes les branches dessus, ses soldats assis autour avec la mitraillette entre les jambes… Il me dit : Qu’est-ce que c’est ? Je lui dis : C’est un tank ! Eh ! bé, il m’a dit, on va toucher beau… Il nous a passés comme delà sur la route. On était guère relevés. Les soldats allemands étaient à portée de nous. Moi j’en ai balancé une, un moment après. Tu sais un char qui est comme d’ici au portail de ma voisine. Une grenade Gammon, tu l’envoies pas loin, parce qu’il faut pas qu’elle touche quelque chose. Sur tout ce qu’elle touche elle éclate…
R. J. : Moi j’étais en haut avec un FM. Quand j’ai entendu les premiers coups de feu vers la route j’ai balancé deux chargeurs en direction de ceux qui venaient à pied. Ils commençaient à tirer eux aussi. On a commencé à entendre siffler dans les oreilles. J’avais que deux chargeurs, il y avait le Jean Veyrier avec moi, qui était comme serveur ; il avait laissé la musette je sais pas où, avec les chargeurs… Moi j’en avais un dans la poche derrière et un sur le fusil-mitrailleur.

La mort d’Albert Giraud

J. A. : Giraud, il était avec moi. Quand Jauffrey a annoncé qu’il y avait les Allemands il était d’un énervement, Giraud. Je lui ai dit : lève-toi de là, tu vas tous nous faire tuer. Il voulait pas partir. À force de lui dire, il a filé. Moi aussi je suis parti et, à une vingtaine de mètres de la cime, je me suis retourné : Giraud, Nanton et le Pierre Charras. Tous les quatre là ! Ils nous avaient vus d’en bas. Et allez avec leur mitrailleuse lourde de char. On était couché derrière une touffe de chênes, des chênes qui étaient gros comme des bouteilles : pin, pin, pin les ballles ! Si on reste là il y a en une qui va nous empéguer.. Il fallait faire vingt mètres en plein découvert et après on passait par le bois. J’ai pris le fusil, j’ai pas mis longtemps pour traverser. Le Pierre Charras a fait pareil. Et Giraud est parti en troisième. Et c’est là comme il arrivait au bois qu’il a été tué. Et Nanton il a pas bougé quand il a vu ça. Il est allé voir après. Il y a que lui qui savait que Giraud était mort.
J. N. : J’ai tiré après que Giraud ait été tué. Je me suis trouvé en dessus de la route, et je voulais monter, passer près de la ferme où des fois on allait chercher un peu du vin…
R. J. : Ou casser la croûte… La ferme à Simon.
J. N. : Et quand je suis été à mi-chemin – c’était un ancien champ de blé – j’ai vu courir des soldats allemands et installer une mitrailleuse à l’angle de la ferme. Alors j’ai obliqué sur la gauche et je suis descendu, pas par le bord de la route parce qu’il fallait pas être au bord de la route : il y en avait de partout. C’est là que j’ai reçu un éclat d’obus de mortier à l’arcade sourcilière.
R. J. : Tu es revenu alors par la route de Sault ?
J. N. : Je suis allé traverser le ravin de l’autre côté de là où on était pour aller au croisement. J’ai dit peut-être tu retrouveras les autres ? Il y avait plus personne. Alors j’ai dit qu’est-ce que tu vas faire ? Tu vas, tu vas… D’abord premièrement ma première idée : regarder le Ventoux. J’ai dit : tu as à peu près pour manger puis pour te couvrir ; tu vas traverser le Ventoux, tu vas à Mollans.
R. J. : Nous on est parti de l’autre côté, là-haut. On a passé le sommet puis on est redescendu dans le vallon où il y avait la ferme, on a traversé un champ de lavande…
J. N. : Ah ! oui, le fameux champ de lavande…
R. J. : Ah ! pauvre…
J. N. : Moi je l’avais évité…
R. J. : Ils nous tiraient dessus, je ne sais pas comment on est arrivé au bout. Tu  sais qu’on a fait un cent mètres que… On a dû battre des records.
J. N. : J’ai attendu un moment, tu vois, quand Giraud a été tué. J’ai attendu un moment : il faut bien savoir s’il est mort, si vraiment il est mort ; il était à côté de moi.

Le repli

J. A. : Moi j’avais mon plan. J’ai filé en direction du croisement de la route qui menait à Méthamis et celle qui allait à Javon. Et après tu files vers le Ventoux. Si tu peux arriver à Sault avant les Allemands… Quand je suis arrivé dans Sault les Allemands étaient sur le pont là-bas dessous. Entre Sault et là où on était il y avait encore un barrage d’aviateurs. Là ça a duré maï un moment. Après je suis parti vers Ferrassières et de là à Séderon.
JFC : Si j’ai bien compris, il y avait deux groupes ?
R. J. : C’était le même groupe qui était échelonné…
J. N. : Réparti… Il y avait deux fusils-mitrailleurs et deux mitrailleuses.
JFC (à R.J.) : Vous, vous aviez un fusil-mitrailleur…
J. N. : Et l’autre qui c’était ?
R. J. : Je ne me rappelle plus…
J. N. : Le gendarme, ah ! nom de nom… Béroud ! Béroud, il avait avec lui le cousin de Colin, le maçon, tu te rappelles, le maçon et le maire de Chauvac actuellement, Samuel, le cousin de Pantaly. Il avait ces deux gars avec lui, il était chef de poste pour ainsi dire… Mais c’est lui qui a tiré ; il a dit : « Quand les Allemands arrivent : laissez-moi faire. En 39, en Ubaye, là-haut, j’en ai assaisonné quelques- uns comme ça. Je sais m’en servir de ça! »
JFC : Et les mitrailleuses, qui les servait ?
J. N. : Eh bé ! Meyer, il en avait une. Et l’autre, je sais pas qui c’était… Aquadro, Aquadro de Sainte-Jalle.

JFC : À la suite de ça vous vous êtes repliés et vous avez regagné…
J. N. : Sault. Vous avez regagné Sault vous autres, directement ?
R. J. : Non, on est allé sur Banon et à Sault le lendemain. Quelques jours après, nous avons rejoint les autres unités en Avignon et nous avons participé au défilé dans la ville libérée.

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Le défilé des combattants du maquis Ventoux, sur la place de l’Horloge en Avignon en septembre 1944. Coll. Jacquet.
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Jean Aléa (de dos, à gauche) est décoré de la Croix de Guerre, avec d’autres compagnons sous le regard de Jean Garcin (colonel Bayard, à gauche) et du colonel Beyne (il porte un calot). Coll. Alea.
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Les compagnons du maquis Ventoux (noms soulignés) posent la stèle. De gauche à droite, en haut : Gabriel Roux, Jean Tyrand, Albert Pantaly ; en bas : Gilbert Mouton, Robert Jacquet, René Meyer . Coll. Jacquet.
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Jean Nanton et Robert Jacquet devant la stèle d'Albert Giraud.

La foire aux cocos 2024

Affiche Cultiv'ailleurs Def Reduit
Cocos 2024 Reduit

Deux expositions dans l’ancien moulin à huile qui fête cette année ses 300 ans :

Cultiv’Ailleurs, exposition de photos de Michel Chauvet,
nous montre les pratiques culturales de pays bien loin de Mollans.

Le moulin à huile dans le jeu de Paume, exposition des Amis de Mollans,
qui retrace en photos et dessins l’histoire des moulins à huile de Mollans.

À voir du 18 au 25 août de 10 h à 12 h 30 et de 15 h à 18 h 30

L’eau à Mollans

S’il est un lieu commun aujourd’hui c’est bien de parler d’eau et, de fait, la gestion de cette ressource essentielle commence à devenir préoccupante ; la diminution des ressources et l’augmentation des besoins est la marque de notre époque.
En 2015 nous avons fêté le Tricentenaire de la fontaine au dauphin, enfin 300 ans + 1 an, pour cause d’élections municipales ! À cette occasion, de nombreuses animations ont été concoctées par les associations locales autour d’un projet fédérateur.
C’est dans ce contexte que Michel Hugues avec les Amis de Mollans a réalisé une vidéo qui retrace l’aventure aquatique du village depuis la première recherche de source en 1713 jusqu’à la création du réseau des fontaines.

La barrette rouge

Dans les années 1950-1960 et peut-être depuis bien plus longtemps encore, circulait,
dans le haut Mollans, une sorte de fable que nos parents et amis nous contaient dans le but inavoué mais implicite de nous éloigner des pentes raides que domine le château : la barrette rouge. C’était, nous expliquait-on, un méchant personnage, qui hantait les ruines du vieux château médiéval et attrapait les petits enfants qui s’aventuraient dans son domaine. Un de nos jeux favoris était, en effet, de se laisser glisser à toute vitesse sur la pente rocheuse, assis sur un carton, une pierre plate ou une planche.
L’existence de ce personnage mystérieux et redoutable m’avait été rapportée une première fois par une vieille demoiselle, Lucie Jarjaille, qui habitait non loin du château, dans une maison sans eau courante, chauffée par une simple cheminée de plâtre qui faisait office de cuisinière. Elle était en effet certainement la dernière villageoise à cuisiner ainsi, dans des chaudrons en fonte posés sur un trépied ou accrochés à une crémaillère, ses soupes et autres préparations.
Une modeste ampoule de quelques watts suffisait à éclairer une pièce sombre, chargée des effluves des cuissons en cours ; cette pièce, laissée dans son « jus », n’avait pas vu de peinture depuis au moins un siècle.
La présence hypothétique de cette « barrette rouge » ne freinait pas nos aventures : de toute façon nous ne l’avions jamais aperçue, même de loin.

Barrette Rouge

Plus tard je me suis interrogé sur l’origine de cette fable. L’hypothèse d’un ecclésiastique de haut rang, un « prince de l’Église », séjournant avant la Révolution au château bas, m’est apparue comme l’explication la plus plausible. Certes, la famille de Simiane, derniers seigneurs du lieu, avait quitté Mollans en 1735 pour aller occuper une demeure plus fastueuse à Valréas. Mais il n’est pas exclu que les plaisirs campagnards n’aient attiré quelque ecclésiastique mitré de leur famille, soucieux de se ressourcer dans ce petit village éloigné des orgueils urbains et de préserver de son autorité le calme de cette villégiature rurale.

Actualités

Visites 2024
Lei Coude Trouca

Des visites particulières peuvent être organisées sur rendez-vous.
Nous contacter : amisdemollans@gmail.com

Participation libre

Nota : certaines rues du village ou édifices comportent des escaliers
et ne sont donc pas accessibles aux fauteuils  roulants.

Le quatrième numéro de Lei Coude Trouca, consacré aux décors et tableaux de l’église Saint-Marcel paraît ce lundi 27 mai 2024.

Prix 10 €.

Disponible à l’Office du Tourisme, au Bar du Pont et chez Natur’Appy.

Les pénitents blancs et leur chapelle

L’érection de la confrérie des pénitents blancs sous le titre de Notre-Dame-de-Pitié, à l’initiative du seigneur et des bourgeois de Mollans, remonte à 1654. Accueillis tout d’abord à la tribune de l’église paroissiale Notre-Dame-de-la-Lauze, les confrères contruisent dès 1658 leur propre chapelle, à côté de l’église.
Munie de statuts en 1675 sous l’injonction de Monseigneur de Suarez, évêque de Vaison, la confrérie se développe rapidement, rassemblant plus de 200 membres, hommes et femmes, avec un chapelain et des offices particuliers. Quatre processions en habit rythmaient au cours de l’année les exercices de dévotion.

Dossiers des anciens combattants de la Première Guerre

Les Archives départementales de la Drôme conservent les dossiers des anciens combattants de la Première Guerre. Une rapide recherche nous a permis de découvrir les cartes délivrées à ces combattants vers 1929. Ce qui est intéressant c’est qu’elles nous montrent le visage de ces anciens que les plus âgés d’entre nous ont connu et  reconnaitront. 

Les dossiers sont conservés à l’annexe des AD26 sous la cote 1920 W. Tous les documents présentés ci-dessous sont  © AD26

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Cec942c6 3f87 4768 B8b7 9fe44aedd47f (1)
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Bb99dc7c D277 407f 8511 55292e4c5ad7 (1)
B10f3683 69c7 42e1 Aee3 643abe002045 (1)
0685803b 7782 4cb9 8c01 851c0687efd6 (1)
81de3d52 Cda5 4473 Bc7c F0b9f6ec563d

Les cloches de l’église Saint-Marcel

Clocher De L'église Saint Marcel

Un longue histoire mouvementée
Nous avions publié dans le bulletin paroissial Contact, n° 578 d’avril 2014, une première évocation des cloches de l’église paroissiale depuis celles de Notre-Dame de la Lauze jusqu’au malheur de celle de Saint-Marcel, installée en 1805. Depuis nous avons pu récolter dans les archives de nouvelles informations qui complèteront prochainement cet article sur le site.

201403 Les Cloches De L'église

Revue de détail : la rampe du pont

La Rampe Du Pont
La Rampe Du Pont

En 1851, notre vieux pont ne répond plus aux contraintes de la circulation moderne. Le village compte alors près de 1250 habitants et déborde dans les faubourgs du quartier des Aires ou de Dehors Ville. Déjà modifié au début du XVIIe siècle par la démolition de la tour qui portait le pont levis, sa forme en dos d’âne n’est plus au goût du jour surtout depuis la construction de la fontaine au dauphin. En effet, en raison d’une pente raide, les charrettes avaient quelques difficultés à s’arrêter et finissaient parfois dans le bassin ! Le pont est alors remodelé, rehaussé à chaque extrémité, élargi par un trottoir et la pose d’un parapet métallique à croix de Saint André qui remplaçe les anciens parapets de pierre.
Cette rampe, usée par les innombrables Coude Trouca, est ornée aux fixations sur la chaussée, de quelques éléments décoratifs agréables à l’œil. Parions que le visiteur, attentif au prestige de la fontaine au dauphin et au lavoir semi-circulaire ou même à la chapelle du Pont, n’a pas remarqué ce modeste travail de fonderie.
Nous offrons donc à sa curiosité ces images, témoins d’un souci du détail tel que l’affectionnaient nos anciens.

Le pont est aujourd’hui, de par son âge et le passage incessant des véhicules, en mauvais état. Quelques corbeaux qui soutiennent les trottoirs se sont détachés et sont tombés dans la rivière. Il est nécessaire d’envisager quelques travaux de restauration. Une étude, très « ingénieurs des Ponts et Chaussées du XXIe siècle », a été réalisée et envisage de remplacer la rampe ancienne par une ferraille contemporaine. Un tel objet au milieu de bâtiments inscrits à l’inventaire des Monuments Historiques (1926 et 1977), dénaturerait ainsi l’harmonie formée par la fontaine, la chapelle et la tour de l’horloge. Quant aux pièces de fonderie manquantes (et elles sont nombreuses), il n’est pas très difficile d’en réaliser de nouveaux exemplaires et de façonner les supports manquants. Nos anciens ont su faire…

Papotage Sur Le Pont
Mmes Magnet, Bonnet et Auragnier

Souvenirs : Lei Coude Trouca – minimag en… 2002

Lei coude Trouca : c’est le surnom des Mollanais dont une partie de l’énergie s’exerce sur la rampe du pont à user les coudes de leurs vêtements en regardant couler l’Ouvèze.
C’est aussi le titre d’un premier essai de minimag que nous avions lancé en 2002 et qui prenait la suite d’une première série tirée avec une simple ronéo (on peut consulter quelques exemplaires aux archives). Puis Gérard Finel est arrivé et Mémoire d’Ouvèze a vu le jour en juin 2004.

Les Amis de Mollans et du Val d’Ouvèze

Association loi 1901, créée en 1974 avec pour buts de promouvoir la préservation et la connaissance du patrimoine historique et culturel de Mollans et du Val d’Ouvèze.

Siège social : archives communales de Mollans.

Contact : amisdemollans@gmail.com

L’association gère les archives communales anciennes et modernes dans la salle du 1er étage de la Grange aux livres et contribue à leur restauration.  Elle publie sur ce site, dans la rubrique Textes et Documents des Baronnies, des retranscriptions de documents d’archives.
Ouvertes au  public les lundi et  jeudi de 14 h à 18 h.

Elle organise l’été, en juillet-août, des visites guidées du village et sur  demande pour des groupes.
Durée 1 h 30 à 2 h. Participation libre.

Elle publie une revue annuelle Lei Coude Trouca.

Les Amis de  Mollans  organisent également des expositions patrimoniales pour les Journées Européennes du Patrimoine ou pour des occasions ou  sur des thèmes particuliers, comme l’Armistice de la Guerre 14-18, les écoles, le Tricentenaire de la fontaine au dauphin (voir les images sur amisdemollans.piwigo.com)

La chapelle du Pont

« Le voyageur qui arrivait pour la première fois sur le pont de l’Ouvèze de Mollans, après avoir parcouru la route de Carpentras-Malaucène, laissait ses yeux se reposer agréablement sur une chapelle dédiée à Marie suspendue à plus de vingt mètres au dessus du lit de la rivière au moyen d’un cul de lampe d’environ deux mètres et soixante centimètres de développement… Le tout, bien lissé, avait acquis cette teinte que le temps seul peut donner et le rendait plus imposant. »

Telle était Notre-Dame du Pont au XIXe siècle.

Et avant ?
1357 : face à la porte du pont, alors formée de deux tours rondes, « il y avait anciennement une petite croix de bois au même endroit où est la chapelle, de la hauteur d’environ cinq à six pieds.»
1715 : un Mollanais remplace la croix par un oratoire abritant une statue de la Vierge.
1720 : la grande peste de Marseille décime le sud de la France. Mollans est épargné. En action de grâce les Mollanais se cotisent pour ériger entre 1726 et 1729 une première chapelle semi-circulaire, posée en encorbellement sur le lit de l’Ouvèze à la place de l’oratoire. Elle comporte une niche, qui accueille d’abord la statue de pierre de l’ancien oratoire, remplacée en 1824 par la statue actuelle de Notre-Dame de Pitié sculptée par Buffardin.
Au milieu du XIXe siècle, le cul de lampe, prolongé sous la chaussée par des poutres de bois qui ont pourri, présente de nombreuses fentes.

Profitant de l’élargissement du pont en 1851, la population, très attachée au lieu, fait construire sous l’impulsion du curé une deuxième chapelle, de forme similaire, au même emplacement.
Les pierres du cul de lampe proviennent des carrières de Saint-Paul-Trois-Châteaux. C’est un assemblage de gros blocs taillés de 2 à 3 m de long et liés entre eux par des crochets de fer qui forment sous la chaussée un contrepoids équivalant à trois fois le poids de la chapelle.
La chapelle elle-même est construite en briques biseautées de 8 cm d’épaisseur pour ne pas surcharger le cul de lampe.
La façade en plaquage est réalisée en pierre tendre de Saint-Paul.
Enfin, les tuiles plates à crochet de trois tailles proviennent de Vaison.
La chapelle est bénie le 12 septembre 1852.
Bien que n’empiétant pas sur la chaussée, la chapelle est menacée de démolition en 1905… Certes, l’espace est compté au devant de la porte, mais le sectarisme du début du siècle est certainement le moteur principal de ce projet de voirie !
Le défaut d’entretien au début du XXe siècle va entraîner l’effondrement de la toiture. En 1951, l’abbé Béchet la fait réparer et recrépir les murs.
L’indifférence ou la négligence des années 1970 va laisser les platanes percer la toiture. Elle sera refaite en 1976 à l’initiative des Amis de Mollans.
La chapelle est inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques en 1978. Depuis les platanes sont régulièrement taillés par le nouveau propriétaire du bar du Pont.

Pour en savoir plus :
– Dossier : La chapelle du Pont, Notre-Dame de Compassion, Lei Coude Trouca, juillet 2023, p. 4-13.
– AC Buis-les-Baronnies, 16J182_1Z2.

4000 ans d’histoire du Buis et de la moyenne vallée de l’Ouvèze

Couverture 4000 V5 Cr

Partant de la fin du Néolithique, période de ­sédentarisation de populations jusqu’alors nomades, l’auteur tente de parcourir les quarante siècles qui nous séparent de cette époque. À partir d’indices concrets mêlant découvertes archéo­logiques et archives, il s’attache à décrire ­l’évoluti­on des communautés de la moyenne vallée de l’Ouvèze à trave­rs leurs réalisations.
Il adopte une présentation structurée en grandes parties correspondant à des mondes différents mais complémentaires :
Le monde ancien, de l’âge des métaux au haut Moyen-Âge, en évoquant le passage d’Hannibal et la romanisation, pour lequel les principales sources sont archéologiques.
Le monde des laïcs, avec la constitution des seigneuries, la naissance et le développement du Buis et l’organisation défensive de la moyenne vallée de l’Ouvèze.
Le monde des religieux, de la christianisation à son implantation concrète, marquée par la construction des nombreux édifices qui témoignent de son importance durant les siècles passés.
Le monde agricole, à travers ses productions qui ­portaient encore les caractères de leur origine moyenne orientale et laissèrent longtemps une profonde empreinte sur le cadre matériel de notre vie.
Mondes mieux connus grâce aux archives.
Enfin, après un essai de restitution du Buis à la fin de l’Ancien Régime, sera tentée une vision globale de cette évolution.

Ygl

Yves Girard, titulaire d’une maîtrise de Droit Public et Science Politique suivit plus tard le cours d’archéologie dispensé par la faculté des lettres d’Avignon et a participé à cette occasion aux fouilles organisées à Vaison-la-Romaine. Il fut ainsi chargé de prospections et de fouilles de sauvetage dans la région du Buis par le Service Régional d’Archéologie Rhône-Alpes et réunit dans cet ouvrage le résultat de ses ­recherches sur le terrain et dans les archives.

Buxois d’antan. Clercs et laïcs. XVIIe-XVIIIe siècles

Couverture Clercs Et Laics Def

Bourg-capitale des Baronnies, Le Buis occupait jadis une position stratégique, aux marges du royaume, à proximité et pourtant à l’écart de l’axe rhodanien. Les XVIIe et XVIIIe siècles constituèrent pour la ville une période charnière, entre les guerres de religion qui l’avaient accablée et la Révolution qui devait assurer le triomphe de Nyons, la sœur rivale.
Deux siècles pendant lesquels la ville se remit peu à peu et fi nit par retrouver une certaine prospérité qu’entravait pourtant l’absence d’une vraie route vers le Comtat, débouché naturel des Baronnies.
Deux siècles au cours desquels Buxois et gens d’église, dominicains, séculiers et ursulines, tissèrent des liens qu’on a du mal à imaginer de nos jours. Acteurs indissociables de la vie du Buis d’antan, ils le furent assurément, mais en quels termes ? Le rôle des uns se résumait-il à prier et veiller au salut des autres et ceux-ci ne constituaient-ils que le terreau sur lequel ces clercs privilégiés auraient vécu en parasites ? La richesse des archives buxoises permet d’appro cher une réalité bien plus complexe : enjeu de pouvoir, objet de suspicion, les laïcs sont aussi pour les clercs d’incontournables partenaires, sans pour autant que la considération que les premiers vouent aux seconds signifie respect en toutes circonstances.
Fruit de longues recherches centrées sur Buis, cet ouvrage s’adresse aux passionnés d’histoire sociale et religieuse, aux Buxois de souche ou de cœur et, plus généralement, à tous les curieux de ce que pouvait être la vie au quotidien dans une société et un environnement à jamais révolus.

Photo Perreau

Pierre PERREAU, après des études d’Histoire à Paris-Nanterre, a enseigné l’Histoire et la Géographie en région parisienne et terminé sa carrière au lycée Buffon à Paris et au lycée français de Brasilia.
Après un mémoire de maîtrise consacré aux institutions buxoises et nyonsaises au XVIIe siècle, il a soutenu en 1992 un DEA sur le thème développé dans ce livre et poursuit depuis des recherches sur la société d’Ancien Régime.