La tour de l’horloge

Un texte ancien daté de 1424 mentionne qu’à la sortie du village « se dressent deux grosses tours rondes, au-dessous desquelles coule la rivière Ouvèze ». Ces tours formaient la « porte du pont », contrôlant le passage vers le Comtat en franchissant l’Ouvèze, ainsi que la route menant au Buis. Aujourd’hui, une seule subsiste : l’autre a été démolie à une date inconnue afin de faciliter l’accès au village.
La solide base médiévale de la tour offrait un emplacement idéal pour l’édification d’un beffroi carré de 14 mètres de haut. Les travaux débutent en 1720, mais la grande peste de Marseille retarde l’installation du campanile et de la cloche, fondue à Vaison. Ce n’est qu’en 1724 que celle-ci commence à sonner — et depuis, elle ne s’est jamais tue.

Le campanile et sa cloche de 1724 © Michel Hugues

À l’origine, une horloge mécanique à une seule aiguille actionnait le battant, marquant les heures et les demi-heures. Ses deux lourds contrepoids devaient être remontés chaque semaine. Ce mécanisme rudimentaire tombant fréquemment en panne, les habitants firent preuve de pragmatisme en installant, en 1758, un cadran solaire.

Le cadran solaire de 1758
L'horloge mécanique de 1837 remplacée au premier plan par une horloge électrique. © Michel Hugues

En 1837, la foudre frappe violemment le campanile et détruit l’horloge, qu’il faut alors remplacer. Plus tard, au XXᵉ siècle, une horloge électrique à quartz met fin à la corvée du remontage manuel.

 

La Porte Major

La Porte Major était la seconde porte fermant les fortifications du village médiéval qui en comprenait trois.

Peu de documents nous renseignent sur son aspect au fil du temps. Elle était probablement entourée de bastions pour la protéger dont l’un subsiste intégré dans la maison au début de la rue Basse. Une archère y demeure toujours, permettant de tirer sur toute la longueur du rempart en cas d’attaque.
Le cadastre de 1724 nous indique qu’une habitation avait été construite au-dessus de la porte, probablement après les guerres de religion une fois la contrée pacifiée.
La Porte Major permettait l’accès au village par la rue Basse vers la Place du Pont et la rue des Deux Briefs (actuelle rue des Trois Bureaux) vers la Grande Rue.
Elle fut démolie en 1844 en même temps que quelques maisons qui lui faisaient face, pour percer la rue Neuve, aujourd’hui rue de la Porte Major, afin de permettre la traversée du village par les charrettes et plus tard par les automobile. L’accès au pont devenait ainsi possible pour qui empruntait le chemin arrivant de Faucon, devenu la route départementale numéro quatre. Le pont qui enjambe le vallat de Pisserouille (aujourd’hui en partie canalisé), juste avant la mairie, fut aménagé avec des matériaux provenant de la démolition de la Porte Major. La mairie fut inaugurée en 1863, constuite dans un jardin hors les murs du rempart, puis la fontaine et son lavoir, qui a malheureusement perdu son toit, ont pris place en 1877 sur l’emplacement de la fortification.