L’église Saint-Marcel : son décor

Une impression d’harmonie s’impose quand on entre dans l’église Saint-Marcel, grâce à l’équilibre du décor qui orne les murs du chœur et cinq chapelles.

Construite entre 1787 et 1792, une fois passées les années révolutionnaires anticléricales et la destruction de tous les signes religieux, l’abbé Maurin récupère l’exercice de sa fonction sacerdotale dans une église vide en 1802.
La chaire à prêcher, magnifique pièce portant une couronne royale, dont l’origine est malheureusement inconnue, est achetée par la municipalité à un menuisier d’Avignon en 1804. La même année, les Mollanais profitent de la vente de l’ancien autel de la collégiale de Villeneuve-les-Avignon, œuvre des frères Mazetti, qui donne un air grandiose à notre église de campagne. Précieux monument en marbre blanc de Carrare et en différents marbres de couleur, il date du 18e siècle et a été restauré en 1998. Bonneau, ferronnier de Malaucène exécute la délicate grille qui ferme le chœur et Jacomin menuisier à Mollans, va habiller celui-ci d’une belle boiserie de noyer, elle aussi restaurée.

La Foi
L'Espérance
La Charité

Il faut attendre 1829 pour que le nouveau curé, l’abbé Goudard, et les membres de la Fabrique, décident d’un décor pour les murs du sanctuaire.
Ils font appel à Antonio Molinari, peintre du Piémont installé à Bourg-Saint-Andéol. C’est grâce à lui et à son équipe composée de peintres italiens, Gasparoli et Giovanela, que l’église Saint-Marcel va acquérir un décor unique en Drôme.
Les peintres réalisent en à peine deux ans les fresques de l’ensemble des décors muraux du chœur ainsi que celles de  deux chapelles nord. Suivra quelques années plus tard, la réalisation de deux chapelles sud, puis, en 1843, la chapelle des Fonts Baptismaux à l’entrée nord de l’église. L’actuelle chapelle sud  de Notre-Dame-de-Lourdes n’existait pas.
Le chœur captive le regard avec sa voûte comprenant les trois vertus théologales, peintes à l’huile : la Foi, l’Espérance et la Charité, ainsi qu’un décor de flambeaux, guirlandes et rinceaux.

L'Annonciation, d'après François Lemoine

On peut apprécier la maîtrise du trompe-l’œil dont font preuve les artistes, tant pour le chœur que pour les chapelles aux retables tous différents mais de style identique.
Molinari et Gasparoli ont exécuté six tableaux sur toile qui ornent les chapelles nord et le fond de l’église. Elle possède dix-sept tableaux dont huit sont inscrits et huit sont classés Monuments Historiques à titre d’objets. Parmi ces derniers, la grande « Annonciation », au fond du chœur, datée du 19e siècle, reproduction d’un tableau de François Lemoine.

Notre-Dame de Pitié, à l'origine dans la chapelle des pénitents

Dans la chapelle à droite de l’entrée, le tableau « Notre Dame de Pitié », daté du XVIIe siècle est en partie une copie de la « Piéta » du peintre Italien Carrache. Il fut acheté pour la chapelle des Pénitents en 1806 et déposé dans l’église ainsi que l’autel en bois du XVIIIe siècle lors de la désacralisation de la chapelle.
Une remarquable unité de style qui conduira les Monuments Historiques à classer en 1972 l’ensemble peint, du maître-autel, de la chaire, et de nombre de tableaux et autres objets.

L’église Saint-Marcel : sa construction

Saint-Marcel, témoin de l’histoire du village, est la troisième et sans doute la seule église construite durant la Révolution. 

Au pied du fort supérieur, l'église paroissiale Saint-Marcel

La première église « Sainte-Marie » parfois nommée « Notre-Dame-du-Pont ou Notre-Dame-de-la-Lauze » suivant les documents, se tenait à l’emplacement approximatif de la boucherie actuelle et fut détruite durant les assauts des guerres de religion, déclarée « disrupte » par l’évêque en 1590. La seconde, sous le vocable de Notre-Dame-de-la-Lauze fut bénie en 1636, à l’emplacement du parvis et presbytère actuels. 

Celle-ci se révélant trop petite, il fallut presque 50 ans pour mettre en œuvre un nouveau projet et ce n’est qu’en 1787 que commencèrent les travaux d’une église plus grande, perpendiculaire à l’ancienne. La configuration du village ne permettait pas un autre emplacement. Afin de trouver un endroit plus plat, le rocher fut attaqué à l’explosif et au pic mais sa dureté nécessita un aménagement des plans initiaux. Ceci explique l’escalier de l’entrée et le sur-élèvement du chœur mais aussi son encastrement dans le rocher. On peut en mesurer la profondeur lorsqu’on monte au pied du château. On comprend alors les problèmes d’humidité récurrents depuis la construction. 

Saint-Marcel fut bénie en 1792 juste avant les débuts de la déchristianisation révolutionnaire.