La Porte Major

La Porte Major était la seconde porte fermant les fortifications du village médiéval qui en comprenait trois.

Peu de documents nous renseignent sur son aspect au fil du temps. Elle était probablement entourée de bastions pour la protéger dont l’un subsiste intégré dans la maison au début de la rue Basse. Une archère y demeure toujours, permettant de tirer sur toute la longueur du rempart en cas d’attaque.
Le cadastre de 1724 nous indique qu’une habitation avait été construite au-dessus de la porte, probablement après les guerres de religion une fois la contrée pacifiée.
La Porte Major permettait l’accès au village par la rue Basse vers la Place du Pont et la rue des Deux Briefs (actuelle rue des Trois Bureaux) vers la Grande Rue.
Elle fut démolie en 1844 en même temps que quelques maisons qui lui faisaient face, pour percer la rue Neuve, aujourd’hui rue de la Porte Major, afin de permettre la traversée du village par les charrettes et plus tard par les automobile. L’accès au pont devenait ainsi possible pour qui empruntait le chemin arrivant de Faucon, devenu la route départementale numéro quatre. Le pont qui enjambe le vallat de Pisserouille (aujourd’hui en partie canalisé), juste avant la mairie, fut aménagé avec des matériaux provenant de la démolition de la Porte Major. La mairie fut inaugurée en 1863, constuite dans un jardin hors les murs du rempart, puis la fontaine et son lavoir, qui a malheureusement perdu son toit, ont pris place en 1877 sur l’emplacement de la fortification.

La chapelle du Pont – Notre-Dame de Compassion

Chapelle du Pont
Vue générale de la chapelle du Pont. Au sommet de la toiture, sous la cloche quelques tuiles d'origine (Vaison)

« Le voyageur qui arrivait pour la première fois sur le pont de l’Ouvèze de Mollans, après avoir parcouru la route de Carpentras-Malaucène, laissait ses yeux se reposer agréablement sur une chapelle dédiée à Marie suspendue à plus de vingt mètres au dessus du lit de la rivière au moyen d’un cul de lampe d’environ deux mètres et soixante centimètres de développement… Le tout, bien lissé, avait acquis cette teinte que le temps seul peut donner et le rendait plus imposant. »

Telle était Notre-Dame du Pont au XIXe siècle.

© Michel Hugues

Et avant ?

  • 1357 : Face à la porte du pont, alors flanquée de deux tours rondes, « il y avait anciennement une petite croix de bois au même endroit où est la chapelle, de la hauteur d’environ cinq à six pieds. »
  • 1715 : Un habitant de Mollans remplace la croix par un oratoire abritant une statue de la Vierge.
  • 1720 : La grande peste décime le sud de la France, mais Mollans est épargné. En remerciement, les habitants financent la construction d’une première chapelle semi-circulaire entre 1726 et 1729, à l’emplacement de l’oratoire. Elle est dotée d’une niche accueillant la statue de pierre de l’ancien oratoire, remplacée en 1824 par la statue actuelle de Notre-Dame de Pitié, sculptée par Buffardin.

XIXe siècle : La construction de la chapelle actuelle

Au milieu du XIXe siècle, le cul-de-lampe, soutenant la chapelle, se détériore en raison de poutres de bois pourries sous la chaussée. Lors de l’élargissement du pont en 1851, les habitants, très attachés à ce lieu, décident de faire construire une nouvelle chapelle, de forme similaire à la précédente, sous l’impulsion du curé. Elle est bâtie au même emplacement.

  • Le cul-de-lampe : constitué de gros blocs de pierre (provenant des carrières de Saint-Paul-Trois-Châteaux), est assemblé par des crochets de fer et sert de contrepoids à la chapelle, avec un poids trois fois supérieur à celui de la structure.

  • La chapelle : construite en briques biseautées de 8 cm d’épaisseur pour alléger la structure. La façade est en pierre tendre de Saint-Paul, et la toiture en tuiles plates à crochet (provenant de Vaison).

La chapelle est bénie le 12 septembre 1852.

Menaces et restaurations

Bien qu’elle ne gêne pas la chaussée, la chapelle est menacée de démolition en 1905. Certes, l’espace devant la porte est limité, mais le sectarisme de l’époque semble être le principal moteur de ce projet de voirie.

Au début du XXe siècle, un manque d’entretien entraîne l’effondrement de la toiture. En 1951, l’abbé Béchet fait réparer la toiture et recrépir les murs.

Dans les années 1970, l’indifférence et la négligence laissent les platanes détruire la toiture. Elle est restaurée en 1976 grâce à l’initiative des Amis de Mollans.

En 1978, la chapelle est inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques.

Entretien et préservation

Depuis lors, les platanes sont régulièrement taillés par le propriétaire du bar du Pont, qui veille à la bonne conservation de l’ensemble.

Pour en savoir plus :
– « Dossier : La chapelle du Pont, Notre-Dame de Compassion », Lei Coude Trouca, juillet 2023, p. 4-13.
– AC Buis-les-Baronnies, 16J182_1Z2.

La place Banche de Cour

Elle fut au cours des siècles le centre du village, carrefour où débouchaient la porte du Pont, la rue Basse venant de la porte Major, la Grande Rue et ce qui était la petite rue « descendant de la cime de la Place aux murailles ». L’actuelle rue de la Porte Major ne fut percée qu’au XIXe siècle.

C’est une place qui ne paraît pas bien grande, selon les critères d’aujourd’hui. Elle a cependant été le lieu où se rendait la justice qui était un droit du seigneur, d’où peut- être son nom que l’on retrouve majoritairement dans les archives aussi loin que l’on remonte, en alternance avec le nom de Place du Pont.
Elle a porté le nom de « place de la Liberté » sous la Révolution. On y trouvait l’autel de la Patrie et l’arbre de la Liberté qui ont disparu lors des changements de régimes. 
Attestée en 1119 sous la titulature « Sainte Marie », l’église paroissiale côtoyait la place et fut détruite au début des guerres de religion. Elle se trouvait approximativement à l’emplacement de la boucherie actuelle.
La place a été témoin des foires jusqu’au XXe siècle, des assemblées de la communauté pour les décisions importantes sous l’ancien régime, mais aussi du pilori et même d’un supplice de la roue. 
Jusqu’à la fin du 20e siècle, le début de la Grande rue et cette place étaient le centre commercial du village. De grandes ouvertures aux façades des maisons témoignent des nombreuses boutiques qui la bordaient : bistrots, épiceries, nouveautés, boucherie, boulangerie, cordonniers. Un tout petit marché s’y tient encore le samedi matin mais seules la boulangerie et la boucherie ont résisté à l’appel des grandes surfaces.
Le village intra-muros manquait d’eau de tout temps. L’eau potable provenant de la montagne a coulé à la fontaine de la République en 1877 et elle fut ornée de la statue de Marianne en 1885. On peut toujours s’y désaltérer avec plaisir.  

Le moulin à huile

Photo Michel Chauvet

Ancestral, le moulin à huile au sein du village fut d’abord seigneurial avant de devenir communautaire au moins depuis 1520 lors d’une transaction.

En 1724, les récoltes d’olives ayant repris de la vigueur après le grand gel de 1709 qui a tué les oliviers, les capacités du moulin à huile dit moulin vieux se révélant trop petites, la construction d’un nouveau moulin est votée par l’assemblée des habitants.
Il est construit dans le jeu de paume alors en ruine, étendu par le percement du rempart afin d’installer les meules.
Ce sera l’occasion dans un premier temps de moderniser le détritage par la disparition du moulin à sang conduit par les mulets et par l’installation d’une roue à eau pour faire tourner les coupes.
Au cours du temps et sans grandes évolutions techniques, le moulin à huile et à grignons reste moulin banal et communal jusqu’à la Révolution où sa vente par les domaines est attribuée à M. Curnier, habitant de Mollans qui constitue  rapidement une société avec divers habitants de Mollans parmi les plus aisés.
Le début du XXe siècle voit l’abandon des pressoirs ancestraux en bois remplacés par des pressoirs en fonte alimentés par une turbine avant de passer à l’électricité.
Quatre propriétaires vont exploiter le moulin au cours du XXe siècle.
Le gel de 1956 oblige les mouliniers à fermer le moulin quelques années ; il ouvre de nouveau sous le nom de moulin Chauvet. Nouvelle fermeture en 1977 après la mort de Jean Chauvet et réouverture par Francis Jacquet en 1995 pour une période de 20 ans.
Le moulin se tait définitivement en 2015.
C’est ce bâtiment, toujours en place face à la mairie dont nous avons fêté les 300 ans en 2024. Il est toujours équipé des presses anciennes en fonte et de sa coupe.
Propriété privée, le moulin est exceptionnellement ouvert lors d’expositions.