Signes du ciel

Chapelle du Pont
NOTRE-DAME LA BLANCHE
Plusieurs interventions divines ont accompagné la construction des chapelles de Mollans. La plus ancienne, que nous rapporte l’abbé Vincent dans sa Notice historique, est l’apparition, en 1640, de Pierre d’Urre à une pauvre paysanne, Louise Landon. Décédé dix-huit ans plus tôt, il lui serait apparu « avec un visage couvert de poussière et le corps enveloppé d’un linceul en lambeaux » ; et l’âme tourmentée du seigneur de Mollans suppliait la jeune paysanne de faire reconstruire la chapelle Sainte-Marie, détruite par les huguenots.
Quelques mortalités d’animaux domestiques plus tard et l’avis favorable de Joseph-Marie de Suarez, évêque de Vaison, en poche, rien ne s’opposa plus alors à la reconstruction de l’édifice qui prit le nom de Notre-Dame la Blanche.
NOTRE-DAME DES ANGES
Une seconde intervention divine nous est également rapportée par l’abbé Vincent :
cette fois-ci, c’est la Vierge, ou du moins son image, qui joua à cache-cache avec les
Mollanais. Une image de Marie avait été en effet placée en bordure du Toulourenc,
dans la niche d’un oratoire. À la stupéfaction de tous, l’image vénérée se trouva un
beau matin accrochée sur un rocher voisin. On remit l’image à sa place. Le « miracle » se reproduisit plusieurs fois, déplaçant l’image pieuse, malgré des surveillances attentives, sur le rocher désigné. Il ne pouvait donc point s’agir de l’action de quelque plaisantin. L’affaire fit grand bruit dans la région et il en résulta, naturellement, la construction de la chapelle Notre-Dame des Anges, qui suscite le 2 août, et même encore aujourd’hui, une grande dévotion, et est aussi l’occasion d’une partie de campagne très prisée.
NOTRE-DAME DU PONT
La dernière relation d’un « miracle » est beaucoup plus récente, puisqu’elle fut consignée sur un polycopié par l’abbé Béchet, curé de Mollans dans les années 1950 et grand dévot à la Vierge. Félibre et se frottant à l’histoire locale, il avait consciencieusement dépouillé les archives anciennes de la paroisse, conservées dans un placard de la cure. Il tomba, un jour qu’il s’intéressait à la chapelle Notre-Dame de Compassion, sur quelque manuscrit qui contait la floraison « miraculeuse » d’une fleur séchée à l’oratoire de la place du Pont. Cet oratoire avait remplacé une petite croix de bois qui, dès 1334, agrémentait les parapets du pont, face à la porte. Ce lieu cristallisait la ferveur et la dévotion locale. Il n’en fallut pas plus pour y voir un signe du ciel et s’ensuivit, en 1729, la construction de la première chapelle du Pont. Cette fleur séchée, une rose selon le chanoine Béchet, n’était en fait qu’une simple branche d’iris, qu’une pluie estivale avait certainement revigorée. La précision historique, scrupuleusement rapportée par le curé de l’époque, n’avait pas empêché notre moderne prêtre d’apporter sa touche de romantisme à l’affaire !

Reconstruction de la chapelle Notre-Dame du Pont

Chapelle Du Pont
La Chapelle Du Pont Et Le Bar Du Pont

Le texte que nous reproduisons ci-après, dans une orthographe modernisée, a déjà été publié en 1974 dans le n° 1 de Mollans-sur-Ouvèze. Revue d’études locales. Il est consigné dans un registre des archives paroissiales où sont notés, par les curés successifs, les détails de la construction et de l’entretien des deux chapelles du pont (1729 et 1851) sur 120 ans.