La chapelle des pénitents

La confrérie des pénitents blancs, placée sous le titre de Notre-Dame de Pitié, est fondée en 1654 à l’initiative du seigneur et des bourgeois de Mollans. Dans un premier temps, les pénitents s’installent à la tribune de l’église Notre-Dame de la Lauze, alors située sur le parvis de l’église actuelle. Dès 1658, ils font construire leur propre chapelle à proximité immédiate.

Le nombre de membres augmente rapidement, dépassant les 200 confrères. En 1743, la chapelle est agrandie par l’ajout d’une tribune donnant sur la rue, ornée d’une élégante rampe en fer forgé, de panneaux et de moulures en plâtre. Elle est aménagée de 34 casiers destinés à conserver les livres d’heures et les vêtements des pénitents. La nef est lambrissée et dotée d’un retable. Le clocher est surélevé en 1863.

Quatre caveaux sont creusés dans le rocher afin d’accueillir les dépouilles des pénitents défunts. Ils existent encore aujourd’hui.
La Révolution entraîne, en 1792, la suppression de toutes les confréries. Le mobilier est alors transféré dans l’église nouvellement construite, et la chapelle est transformée en salle de réunion. En 1804, rachetée par onze confrères, elle retrouve sa vocation d’origine.

Au XIXe siècle, les pénitents financent l’installation d’un nouveau retable, ainsi que de deux statues et d’un tableau représentant Notre-Dame de Pitié, aujourd’hui conservées dans l’église.

À partir de 1875, le nombre de pénitents décline progressivement jusqu’à leur disparition. La chapelle est alors abandonnée. Dans les années 1950, le curé entreprend des transformations : la rampe est vendue, la tribune est coupée en deux et un plancher est installé, réduisant de moitié le volume intérieur pour créer une salle paroissiale. Ces aménagements restent sans lendemain, et le bâtiment retombe à l’abandon : le plafond et la toiture s’effondrent, tandis que le mur du fond s’affaisse.

En 1987, à l’initiative de l’association des Amis de Mollans, la chapelle est restaurée dans son état actuel et devient une salle d’exposition.

Nota : Au-dessus de la porte d’entrée du XVIIe siècle, on peut encore observer des traces d’argile blanchâtre surmontées de traînées de fumée. Elles constituent les ultimes témoins d’une ancienne tradition : lors de la fête de Dieu, les habitants décoraient les façades du village avec des luminions fabriqués à partir de coquilles d’escargots remplies d’huile d’olive.

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