Fustier : le métier original d’un homme original

En 2007, sous la plume de Daniel Rolland-Roche, nous avions publié une évocation d’un personnage haut en couleur de Mollans : Riri Girousse.
C’est cet article (n° 7 de Mémoire d’Ouvèze)  que nous vous proposons de redécouvrir à l’occasion de la foire des cocos du 17 août. À l’époque le noir & blanc dans les publications associatives était de mise.

Découpe des barreaux d'échelle en 1986
Façonnage des barreaux d'échelle avec une vieille mortaiseuse-fraiseuse
Fraisage des rayons d'une roue de brouette
L'atelier avec Albert Girousse (père) et Riri Girousse (cigarette)

Signes du ciel

Chapelle du Pont
NOTRE-DAME LA BLANCHE
Plusieurs interventions divines ont accompagné la construction des chapelles de Mollans. La plus ancienne, que nous rapporte l’abbé Vincent dans sa Notice historique, est l’apparition, en 1640, de Pierre d’Urre à une pauvre paysanne, Louise Landon. Décédé dix-huit ans plus tôt, il lui serait apparu « avec un visage couvert de poussière et le corps enveloppé d’un linceul en lambeaux » ; et l’âme tourmentée du seigneur de Mollans suppliait la jeune paysanne de faire reconstruire la chapelle Sainte-Marie, détruite par les huguenots.
Quelques mortalités d’animaux domestiques plus tard et l’avis favorable de Joseph-Marie de Suarez, évêque de Vaison, en poche, rien ne s’opposa plus alors à la reconstruction de l’édifice qui prit le nom de Notre-Dame la Blanche.
NOTRE-DAME DES ANGES
Une seconde intervention divine nous est également rapportée par l’abbé Vincent :
cette fois-ci, c’est la Vierge, ou du moins son image, qui joua à cache-cache avec les
Mollanais. Une image de Marie avait été en effet placée en bordure du Toulourenc,
dans la niche d’un oratoire. À la stupéfaction de tous, l’image vénérée se trouva un
beau matin accrochée sur un rocher voisin. On remit l’image à sa place. Le « miracle » se reproduisit plusieurs fois, déplaçant l’image pieuse, malgré des surveillances attentives, sur le rocher désigné. Il ne pouvait donc point s’agir de l’action de quelque plaisantin. L’affaire fit grand bruit dans la région et il en résulta, naturellement, la construction de la chapelle Notre-Dame des Anges, qui suscite le 2 août, et même encore aujourd’hui, une grande dévotion, et est aussi l’occasion d’une partie de campagne très prisée.
NOTRE-DAME DU PONT
La dernière relation d’un « miracle » est beaucoup plus récente, puisqu’elle fut consignée sur un polycopié par l’abbé Béchet, curé de Mollans dans les années 1950 et grand dévot à la Vierge. Félibre et se frottant à l’histoire locale, il avait consciencieusement dépouillé les archives anciennes de la paroisse, conservées dans un placard de la cure. Il tomba, un jour qu’il s’intéressait à la chapelle Notre-Dame de Compassion, sur quelque manuscrit qui contait la floraison « miraculeuse » d’une fleur séchée à l’oratoire de la place du Pont. Cet oratoire avait remplacé une petite croix de bois qui, dès 1334, agrémentait les parapets du pont, face à la porte. Ce lieu cristallisait la ferveur et la dévotion locale. Il n’en fallut pas plus pour y voir un signe du ciel et s’ensuivit, en 1729, la construction de la première chapelle du Pont. Cette fleur séchée, une rose selon le chanoine Béchet, n’était en fait qu’une simple branche d’iris, qu’une pluie estivale avait certainement revigorée. La précision historique, scrupuleusement rapportée par le curé de l’époque, n’avait pas empêché notre moderne prêtre d’apporter sa touche de romantisme à l’affaire !

Un curieux trou sous le fort inférieur

En octobre 2024, Mme Ring, la châtelaine actuelle du fort inférieur, nous avait signalé des travaux d’élagage d’un figuier qui prenait racine sous sa propriété, le fort inférieur, occupé jusqu’en 1735 par Alexis Elzéard de Simiane et vendu par ses héritiers au début du XIXe siècle. Ce travail périlleux fut exécuté par l’entreprise Facchineri père et fils du Buis. C’est ainsi que nous avons suivi, d’en bas, l’élimination de l’arbre accroché dans un trou de rocher et curieusement surplombant la Crutte, les anciennes écuries seigneuriales.
Reportage.

Plusieurs questions :
– Le plus grand trou par où le figuier prend racine doit certainement communiquer (où ?) avec la terre du fort inférieur. L’importance du feuillage et la taille des branches laissent peu de doute.
– La forme arrondie (semi-circulaire) du trou et les pierres qui l’obstruent laissent penser qu’il pourrait s’agir d’un accès ou d’un échappatoire vers la Crutte qui se trouve juste en dessous. Reste à trouver l’ouverture supérieure si elle existe.
– Autre énigme : le petit trou rond obturé par une pierre entourée d’un cordon circulaire taillé. Manifestement de main humaine, quel pouvait en être l’usage ?

Autant d’énigmes pour lesquelles nous sollicitons l’avis d’experts médiévistes.