NOTRE-DAME DU PONT
La dernière relation d’un « miracle » est beaucoup plus récente, puisqu’elle fut consignée sur un polycopié par l’abbé Béchet, curé de Mollans dans les années 1950 et grand dévot à la Vierge. Félibre et se frottant à l’histoire locale, il avait consciencieusement dépouillé les archives anciennes de la paroisse, conservées dans un placard de la cure. Il tomba, un jour qu’il s’intéressait à la chapelle Notre-Dame de Compassion, sur quelque manuscrit qui contait la floraison « miraculeuse » d’une fleur séchée à l’oratoire de la place du Pont. Cet oratoire avait remplacé une petite croix de bois qui, dès 1334, agrémentait les parapets du pont, face à la porte. Ce lieu cristallisait la ferveur et la dévotion locale. Il n’en fallut pas plus pour y voir un signe du ciel et s’ensuivit, en 1729, la construction de la première chapelle du Pont. Cette fleur séchée, une rose selon le chanoine Béchet, n’était en fait qu’une simple branche d’iris, qu’une pluie estivale avait certainement revigorée. La précision historique, scrupuleusement rapportée par le curé de l’époque, n’avait pas empêché notre moderne prêtre d’apporter sa touche de romantisme à l’affaire !